Trilogie Samourai de Hiroshi Inagaki

CINEMA – Véritable légende du japon, Miyamoto Musashi est sûrement le samourai le plus célèbre dans le monde, Ayant inspiré de nombreux personnages fictifs (par exemple, Mitsurugi de Soul Calibur).

Ce personnage légendaire (qui a vraiment existé, et même écrit certains traités) a, en 1935, inspiré un roman écrit par Eiji Yoshikawa qui nous livre une version romancée de la vie de guerrier. Très populaire, ce livre fut adapté au cinéma par Hiroshi Inagaki sous la forme d’une trilogie de films, connue chez nous sous le nom de Trilogie Samourai, avec notamment Toshiro Mifune dans le rôle de Miyamoto Musashi (rôle qui lui convient à merveille).

Plutôt que de nous proposer une continuité sans interruption, la trilogie use d’ellipses (notamment entre chaque film) afin de se concentrer sur les moments clés de la vie de Musashi. Le premier film intitulé Samourai: La légende de Musashi nous présente le jeune et sauvage Takezo Shinmen (qui deviendra par la suite Miyamoto Musashi) parti à la guerre avec son ami Matahachi. Ce film nous présente globalement les principaux personnages, qui n’auront de cesse de se croiser tout au long des trois films. La base est posée: Takezo est brutal, Matahachi lâche, Otsu (promise de Matahachi) amoureuse de Takezo tout comme Akane, fille d’un bandit rencontrée à la guerre. Ce premier film nous narre tout simplement la naissance de Musashi sous ce nom. Grâce à un moine nommé Takuan, celui-ci va poser un premier pied dans le monde des samourai. Le film sert donc d’introduction, montrant un Takezo perdu jusqu’à la fin, où il semble enfin être devenu un samourai…

Impression qui ne durera pas, car dès le début de Samourai II: Duel à Ichijoji ( le second film), le voila averti: il n’est pas un samourai, juste un tueur. Bien que le film commence un bon moment après le premier, on apprend donc que Musashi n’est toujours pas digne de sa future légende. En effet, bien que proclamé Samurai, il reste trop brutal et violent. C’est d’ailleurs ce que veut nous montrer le combat entre Musashi et le clan Yoshioka, école de sabre réputée qui finit totalement éradiquée par le bretteur. Ce film introduit deux personnages clés: Jotaro, premier disciple de Musashi, mais surtout Sasaki Kojiro, autre bretteur de légende, qui apparaît directement comme le mur que Musashi devra franchir. Ce film nous montre les faiblesses de l’esprit de Musashi, dont une principale qui lui causera bien des tourments: les femmes, et en particulier son amour pour Otsu. Matahachi est toujours là, mais de manière plutôt anecdotique. On constate qu’à l’opposé de son ami, il n’a pas évolué d’un pouce, et est devenu un bon-à-rien notoire.

A ce point de la trilogie, même si notre petit Takezo a bien évolué, est-il digne d’être appelé samourai? Probablement pas, comme en témoigne la dernière scène du film, qui remet Musashi sur la route, en solitaire.

Nouveau film, nouvelle ellipse. Dans Samurai III: Duel sur l’île de Ganryu, Miyamoto Musashi nous apparaît radicalement différent: beaucoup moins belliqueux, beaucoup plus en paix, mais toujours aussi fort, le moine qu’il lui avait dit au début du second film qu’il n’était pas un samourai dit qu’il est enfin devenu un guerrier digne de ce nom. Le ton est donné: Musashi est enfin devenu un samourai, sage et puissant. Il refuse un premier duel avec Kojiro, estimant ne pas être prêt. A partir de là, le film sera moins centré sur lui (jusqu’à son duel final contre Sasaki Kojiro). Avec Jotaro et un autre disciple anecdotique, il s’installe dans un village pour vivre une vie de paysan. Mais les rares problèmes qu’a encore Musashi, à savoir Otsu qui l’a rejeté et Akane, viennent se mêler de cette vie paisible. Mais encore une fois, le combat et la violence rattrapent Musashi, qui quitte son village et se prépare pour son duel avec Kojiro, qui deviendra plus tard célèbre.

La trilogie se termine sur ce duel. Pourquoi une fin aussi prématurée, quand on sait que Musashi eut une vie bien remplie après cela? Probablement parce que l’intention de Inagaki était de nous présenter un parcours initiatique. Chaque film représente une étape clé dans le développement de Musashi. On notera d’ailleurs que l’évolution martiale de Musashi est relativement peu présente. C’est en effet un esprit fort qui est la principale récompense du samourai, une vision conforme aux écrits de Musashi, notamment Le traité des Cinq Roues où il prône l’importance d’un esprit sans faille au combat. Comme on peut s’y attendre de la part de films de samourai, les scènes d’action sont en général très austères et brèves, mais jamais gratuite.

Cette trilogie nous présente donc un Miyamoto Musashi en devenir, qui passe de sauvageon sanguinaire au stade de légende vivante. Un récit intéressant, bien que parfois long, qui a l’intelligence de ne pas réduire la vie de Musashi à celle d’un guerrier, mais de bel et bien la considérer comme l’existence d’un homme avec ses faiblesses, et qui deviendra une légende en les surmontant.

PKL

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