Calendrier de l’avent 2015 // 05 : Fantasia chez les ploucs

fantasia chez les ploucs

Fantasia chez les ploucs (The Diamond Bikini en VO) est un roman de Charles Williams sorti en 1956 aux Etats Unis et un an plus tard chez nous. Né en 1909 et décédé en 1975, l’auteur est connu pour avoir écrit beaucoup de romans policiers, dont certains ont connu une adaptation au ciné. Etonnant d’ailleurs de remarquer comme les français ont été présent au sein de ces adaptations puisque Vivement dimanche!, réalisé par François Truffaut en fait parti. Ses livres sont d’ailleurs très présents en France, sous la collection Folio policier.

Revenons à nos moutons ou plus précisément à Fantasia chez les ploucs, donc. Nous sommes au temps de la prohibition aux Etats Unis et nous suivons les Noonan, père et fils, qui trainent sur les champs de courses pour gagner leur vie. L’activité étant plus ou mois légale (voir plus moins que plus, pour ceux qui suivent), ils décident de rendre visite pour l’été à l’oncle Sagamore Noonan. Rendez vous donc dans l’Amérique profonde où le repos sera de courte durée. En effet, fermier de son état, Sagamore travaille lui aussi dans le cadre d’une autre activité illégale, la production de gnole de mais. J’imagine que ça ne devait pas être fameux, mais du temps de la prohibition, il ne fallait pas faire le difficile. Evidemment la police du conté et le shérif de la ville voisine s’intéresse à cette activité sans réussir à le pincer. C’est dans ce climat de défiance qu’arrive sur les terres de Sagamore de nouveaux personnages, le docteur Severance et sa nièce Miss Harrigton, présentée comme convalescente et ne « devant voir personne ». Evidemment, ces deux là ne sont pas plus innocents que les autres, mais je vous laisserais lire le livre pour ne pas vous gâcher la surprise.

Certes, suivre les aventures de paysans d’un conté imaginaire au centre de ce qui semble être le Kentucky, n’a pas vocation à déchainer les passions. Et pourtant de nombreux points vous feront apprécier ce livre, dont la lecture devrait se faire rapidement. On se trouve à moins de 250 pages du point final.

La première force de l’intrigue est que le narrateur se place sous les traits de Billy, neveu de Sagamore et seule ame innocente à 10 lieux à la ronde. Si à la manière du petit Nicolas, Billy s’exprime comme un enfant de son age, ce qui permet d’avoir affaire à un langage haut en couleur, l’intérêt de sa présence est autre. En effet, les enfants savent être curieux, de fait il n’est à aucun moment au courant des affaires qui se trament dans son dos. Dès lors derrière cette innocence, se cache aussi le meilleur moyen de dévoiler le moins d’éléments de l’intrigue auprès du lecteur. Ce qui donne lieu à un nombre important de quiproquos impliquant les actions de son père, de son oncle mais aussi du shérif ou encore de Miss Harrigton. S’il est rodé aux activités de son père en ce qui concerne les courses de chevaux, il n’en est rien pour ce qui se passe en pleine campagne.

La deuxième force du roman provient des personnages haut en couleur que met en avant le roman. Chacun d’entre eux cache quelque chose et le plus « propre » sur lui reste le shérif, qui reste encore une autorité morale, même si Charles Williams en fait un personnage grotesque par ses réactions. Si le but de chacun ne se dévoile que tardivement, cela n’empêche pas de savourer tout le début du livre à sa juste valeur.

La troisième force du livre vient de son dernier tiers, où les éléments sont en place avant le déballage final. Le personnage le plus important reste Sagamore qui part son intelligence sait parfaitement profiter de la situation, dans un crescendo qui avance de façon certaine. On prend un sacré plaisir à lire le dénouement d’une intrigue qui sait parfaitement cacher son jeu.

Enfin, même si le roman date de 1956, l’écriture, qui peut sembler obsolète par les expressions utilisées, reste parfaitement lisible pour quelqu’un qui le commencerai aujourd’hui. Le fait que, justement, le narrateur soit Billy renforce cette idée. On se retrouve dans le même cas que le Petit Nicolas, créé lui aussi en 1956, qui malgré les années, parlent encore à toutes les générations de lecteurs.

Si vous aimez justement le petit Nicolas, mais aussi Tom Sawyer et les intrigues façon casse du siècle, foncez lire ce petit bijou qui vous fera à n’en pas douter rire de bon coeur.

A noter que l’adaptation de Fantasia chez les ploucs a été tourné par Gerard Pires (oui, oui, Taxi) et que l’on retrouve dans les rôles titres, Lino Ventura et Jean Yanne. N’ayant pas eu la possibilité de le voir, je ne peux pas vous en parler, mais sachez qu’il existe.

Romain

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