Calendrier de l’avent 2015 // 09 : Ernest et Célestine

Ernest et célestine

« Qu’est ce que mange le grand méchant ours? Des petites souris voyons ». C’est par cette idée reçue de l’imaginaire collectif du sous sol où vivent une grande partie des souris que commence le film d’Ernest et Célestine. Dans un dortoir baigné dans la pénombre et à l’occasion du dernier moment d’éveil avant l’extinction des feus, la surveillante raconte une nouvelle fois l’histoire du grand méchant ours. Evidemment, ces derniers ont besoin d’hiberné et se retrouvent donc au sortir de l’hiver avec un méchant trou dans l’estomac qu’une ribambelle de souris se doit de pouvoir boucher.

Tout le monde y croit à ses histoires, sauf la petite Célestine, qui voit les ours comme un prolongement grandeur nature des souris. Plutôt qu’ennemis, elle les voit davantage comme partenaires. Et ce n’est pas la découverte d’Ernest qui nous fera penser le contraire. Dans une maison au bord du chaos et où le froid hivernal ne fait que passer par un trou dans le toit, le pauvre Ernest ne voit pas le bout de l’hiver. Il se voit dans l’obligation de gagner sa croute afin de pouvoir manger la mie. De son côté, Célestine se trouve dans l’obligation de ramener le plus de dents possibles pour réussir une sorte de rite de passage. Car la dent reste le bien numéro 1 dans le monde des souris. C’est sur que l’on ne peut pas appeler avec, mais dans un monde où la relative survie est primordiale, ça fait le boulot. S’en suit une rencontre entre nos deux compères qu’il serait dommage de raconter dans les quelques lignes qui pourraient suivre.

Ernest et Célestine fait parti des classiques, même si le terme pourrait être galvaudé du fait de sa toute jeune vie. Il n’a que 3 ans, mais pour le coup, toutes ses dents. Si le projet a mis du temps à se monter, notamment pour la partie de la recherche des financements et les tâtonnements autour du réalisateur, il est finalement bien né. Benjamin Renner, dont c’est le premier film, a retroussé ses manches pour passer derrière la caméra, le tout accompagné de Vincent Patar et Stéphane Aubier, plus connus chez nous pour l’excellente série Panique au village!. On retrouve également l’écrivain Daniel Pennac (l’oeil du loup, au bonheur des ogres) derrière le scénario.

La force du film et son intérêt d’un point de vue graphique est de retranscrire à merveille le trait de Gabrielle Vincent, créatrice des personnages au sein de livres jeunesses. A la fois simple et lisible, l’animation éclate aux yeux des spectateurs par sa fluidité. Le film nous prend par la main pour mieux nous démontré que l’animation au cinéma ne doit pas seulement passer par la 3D. Toute alternative est bonne à prendre, surtout quand elle prend le contrepied d’une image qui se doit d’être chargée avec le plus d’éléments possibles à l’écran. Le fait qu’elle soit épuré du superflu autorise la réalisation a plus de folies tout en restant dans le cadre.

Le reste du film est un régal, que ce soit pour la distribution finement trouvée, dont Lambert Wilson (pour Ernest) et Pauline Brunner (Célestine) incarne parfaitement leur personnage respectif à l’écran. Je reste toujours dubitatif face aux noms célèbres pouvant prendre place dans les grosses productions d’animation. Le problème vient du fait que ce sont les personnages qui les incarnent et non pas les acteurs qui incarnent les personnages. Dans Ernest et Célestine, les voix utilisées sont cohérentes, ni trop mielleuse, ni trop rude, ce qui rend nécessaire de souligner ce travail qui arrive en fin de production, mais qui est essentiel pour permettre au spectateur de rentrer dans le film.

Enfin, la musique de Vincent Courtois intègre parfaitement son rôle d’accompagnateur de l’intrigue. Sans être trop invasive, elle suit parfaitement les faits et gestes des personnages.

Cette alchimie entre tous ces éléments est nécessaire pour souligner l’artisanat que représente le film. Sans avoir des moyens infinis (le budget ne dépasse pas les 10 millions d’euros), il sait prendre les meilleurs éléments d’une bonne production de film pour en faire un vrai chef d’oeuvre. Il démontre son savoir faire dans les scènes de dialogues, dans les scènes de poursuite (et oui), le tout pour en faire un ensemble cohérent. Chacun y trouvera son compte, chez les petits comme chez les grands. Si on peut y voir plusieurs niveaux de lecture, cela n’empêchera pas les adultes de se mettre au niveau des enfants pour rigoler de bon coeur devant ces petites souris qui se faisaient des montagnes d’un ours.

A noter qu’une série d’animation est en production et que je vous conseille le coffret collector du film, qui contient notamment une boite à dents en bois.

Romain

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