Calendrier de l’avent 2015 // 17 : Les annales du disque monde

Les Annales du Disque-Monde ; pour finir une année qui ne tourne pas rond.

Mortimer

S’il est une date qui aura marqué tous les amateurs de littérature fantastique en 2015, c’est probablement le 12 mars dernier, jour de la mort à 66 ans de Terry Pratchett, créateur et Grand Ordonnateur du Disque-Monde, considérée par certains comme une des plus grandes sagas littéraires jamais écrites.

Composée de 35 Annales et d’un grand nombre d’oeuvres tournant autour de l’univers (encyclopédie, romans annexes, et même un livre de science), l’oeuvre initiée par Pratchett est simplement colossale et époustouflante.

Mais comment résumer rapidement un univers aussi foisonnant et fou ? Imaginons que deux des plus grandes oeuvres des Britanniques au XXe Siècle sont Le Seigneur des Anneaux et les Monty Pythons. Vous voyez ? Bon, et bien imaginez maintenant que vous regroupiez les deux univers en un seul. Est-ce plus clair ? Non?

Bon. Imaginez alors une planète toute plate, telle que la voyaient nos anciens. Cette planète est portée par 4 éléphants, eux-mêmes posés sur le dos d’une tortue géante (la Grande A’Tuin) qui voyage ainsi dans l’espace. Et sur cette planète toute plate, des personnages aussi farfelus les uns que les autres y vivent des aventures épiques, dans un univers heroic-fantasy bardé de mages, de sorcières, des soldats du Guet, de trolls ou de princes et de princesses. Je parie que ce n’est pas forcément plus clair. Le seul moyen de comprendre est de plonger à corps perdu dans les différents livres et de se laisser porter par les courants.

Chacune des Annales à la particularité de tourner autour d’un thème principal et de raconter une histoire vécue sur le Disque-Monde par un ou plusieurs personnages récurrents, comme Rincevent, le mage raté de l’Université de l’Invisible, qui accumule catastrophes sur catastrophes, Sam Vimaire, qui essaye tant bien que mal de diriger les incompétents qui composent le Guet, la police d’Ankh-Morpork (la capitale du Disque-Monde mais aussi celle de tous les vices et de toutes les crasses), les sorcières de Lancre, qui ont plus l’air de commères que de lanceuses de sorts. Et puis il y a la Mort, qui rôde sur le monde, tapi (oui car la Mort est un Mâle. Un Mâle nécessaire) dans l’ombre et attend l’heure de chacun d’entre nous.

Et il y en a tellement qu’il serait difficile de parler de tout ce petits monde en quelques mots, ni même en quelques pages. Ainsi, vous l’aurez compris, l’oeuvre de Pratchett est un succulent goubiboulga de toute la culture heroic-fantasy et fantastique mariné dans un humour typically british, assaisonné de références culturelles antiques (ainsi, les Dieux du Disque-Monde rappellent-ils les Dieux gréco-romains) et pimenté de situations rappelant étrangement notre monde actuel, puisque le Disque-Monde voit naître des ersatz de cinéma, de Poste ou de rock’n’roll, au grand plaisir du lecteur lorsqu’il comprend toutes les références subtiles qui égrènent ça et là les milliers de pages écrites par Pratchett pendant plus de trente ans.

Difficile aussi de sortir du lot certains livres plus que d’autres. Bien entendu, il vaut mieux commencer par les deux premiers volumes, la 8e Couleur et le 8e Sortilège, puisqu’ils se suivent et posent les bases de l’univers, mais le reste peut se lire dans le désordre le plus complet. Personnellement, ma préférence va à ceux qui ont pour héros la Mort (Mortimer, le Faucheur, Accroc du Roc, le Père Porcher) et les membres du Guet (Le Guet des Orfèvres, Au Guet!,Pieds d’Argile). Il existe aussi le Vade-Mecum du Disque-Monde, un encyclopédie gigantesque qui décrypte tous les personnages et objets de l’univers.

Et bien entendu, que serait une saga sans ses produits dérivés, comme des jeux vidéo (sortis sur Playstation 1 et PC au milieu des années 90), un jeu de rôle GURPS et plusieurs séries TV de qualité honorable (et avec un casting réputé, comme Christopher Lee, Jerémy Irons ou Tim Curry). Il y a vraiment de quoi faire pour découvrir et vivre le Disque-Monde

Enfin, un dernier mot sur Patrick Couton, le traducteur officiel de la saga depuis les débuts. Si les anglophones devraient lire les livres en VO, sachez que l’adaptation française est quand même prodigieuse, compte tenu des nombreux jeux de mots souvent intraduisibles qu’on trouve à longueur de pages.

Voilà, j’espère que ces quelques mots auront su rendre hommage à cet auteur trop méconnu en France, qui nous a malheureusement quitté cette année mais nous aura laissé un héritage fabuleux (et je ne parle même pas de sa fille Rihanna, scénariste de jeux vidéo, comme le dernier Tomb Raider par exemple).

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